Feature Article of Wednesday, 6 December 2017

Journaliste: camer.be

Zones anglophones: voici comment les populations se préparent à la guerre

Une chose est claire depuis jeudi dernier : les autorités camerounaises se considèrent désormais en guerre dans les régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest. Dans une déclaration faite à son retour du sommet Union africaine – Union européenne à Abidjan, le président Paul Biya l’a fait savoir. « Je pense que les choses sont désormais parfaitement claires pour tout le monde.

Le Cameroun est victime des attaques à répétition d’une bande de terroristes se réclamant d’un mouvement sécessionniste. Face à ces actes, je tiens à rassurer le peuple camerounais que toutes les dispositions sont prises pour mettre hors d’état de nuire ces criminels et faire en sorte que la paix et la sécurité soient sauvegardées sur toute l’étendue du territoire », a dit Paul Biya à sa descente d’avion.

Dès le lendemain de cette déclaration, vendredi 01 décembre 2017, le ministre délégué à la présidence chargé de la Défense (Mindef), Joseph Beti Assomo, a présidé, « sur très hautes instructions du chef de l’Etat », une réunion d’évaluation sécuritaire. De quoi étaitil question au cours de cette rencontre qui a regroupé les quatre généraux commandant les régions militaires interarmées, les quatre généraux commandant les régions de gendarmerie, le commandant du premier secteur de la Force multinationale mixte ?
Le Mindef n’est pas rentré dans le détail de ce conclave de dix heures de temps, mais la déclaration qu’il a faite à l’issue de celui-ci va en droite ligne de la déclaration de guerre faite par Paul Biya. Il a notamment annoncé que des mesures seront mises en œuvre immédiatement et que le processus va se poursuivre jusqu’à l’éradication de la menace.

Prendre le taureau par les cornes

« Aujourd’hui il est question de prendre le taureau par les cornes. Lorsque le chef de l’Etat prend une décision politique comme celle-là, nous allons la mettre en œuvre sans états d’âme. Il faut rassurer la partie saine de la population qui est prise en étau. Le territoire national doit être préservé de toute forme de prédation. L’intégrité du territoire va être assurée », a dit Joseph Beti Assomo.

Le Mindef a également fait une lecture de la situation sur le terrain : « Les forces de défense et de sécurité ont perdu des hommes dans des conditions particulièrement tragiques. Certains sont tombés sous les balles de l’ennemi, d’autres ont été égorgés dans des conditions tout à fait épouvantables. Nous avons une armée républicaine dont le professionnalisme est reconnu de tous, à l’intérieur comme à l’extérieur de nos frontières.

Nous avons une armée respectueuse des droits humains. Le président de la République à la manœuvre depuis l’année dernière pour résoudre politiquement ce qui était présenté comme des convulsions corporatives ou des réclamations qui ont été réglées, on se rend compte que c’était l’arbrevqui cachait la forêt».

A quoi peut-on donc désormais s’attendre dans le Sud-Ouest et le Nord-Ouest ? Des forces de défense et de sécurité avaient déjà été déployées dans ces régions à la suite des premiers soubresauts de la crise actuelle en fin d’année 2016. Cette militarisation de la zone a d’ailleurs fait l’objet des protestations de certains acteurs de la crise.

A côté des premières revendications faites s’était ajoutée celle liée à la démilitarisation de la zone anglophone. Une revendication qui n’a jamais été écoutée. Doit-on s’attendre à des renforts de troupes ou plutôt les hommes déjà stationnées dans les régions anglophones vont-ils cette fois lancer un assaut ? Mais contre qui ?